Communication Spirite d’André

André est décédé un matin d’automne d’un cancer métastasé aux poumons. Il a orchestré sa mort comme il a géré sa vie. Non croyant, il s’amusait à me narguer quand je lui disais « que l’invisible n’est « qu’ordre et beauté » et je lui ai demandé de ne pas me laisser sans nouvelles lorsqu’il sera dans l’invisible.
Il s’est manifesté une première fois le jour même de son décès vers 17H. Je pleurais. Ce fut très fort, j’ai pris une sacrée claque qui m’a remis très vite les idées en place.

Pour son deuxième contact, il s’est présenté à l’amie Médium de « Jean Prieur  » qui m’a dit :
– Oui, jeune fille, il vous parle et vous décrit son existence dans son autre séjour.
– C’est le moment d’assumer vos idées sur la mort qui ouvre sur la vie.
Puis, il m’a prise par la main.

– Ta mort a-t-elle été douloureuse ?
— Non ma chérie, j’ai souffert qu’avant de mourir de la maladie qui m’a emporté, mais cette souffrance diminuait à mesure que le dernier moment approchait.

– As-tu eu peur ?
— Un peu ! puis tes mots m’ont conforté dans l’espoir d’une vie autre… même si je ne le croyais pas. Puis je me suis endormi sans penser vraiment à la mort. J’ai rêvé ; oh ! un rêve délicieux ! je rêvais que j’étais guéri, je ne souffrais plus, je respirais à pleins poumons et avec volupté un air embaumé et vivifiant. Puis j’ai été transporté à travers l’espace par une force inconnue. Une lumière éclatante resplendissait autour de moi, mais sans fatiguer mes yeux.

– Peux-tu m’en dire plus sur le lieu où tu t’es arrêté ?
— Tu sais combien je tiens à la nature et à la simplicité de la vie !! Le paysage était superbe, il ferait rêver le monde terrien. La force m’a déposé délicatement dans un champ, près d’un arbre. Je me suis approché pour caresser l’écorce de ce vieux chêne et je me suis aperçu que j’avais retrouvé ma jambe. J’étais fou de joie, je sautais dans tous les sens, je courais à perdre haleine comme un enfant court naturellement après un papillon.
— Je vis arriver mon grand-père, il n’avait plus la figure décharnée mais un air de fraicheur et de jeunesse. Il me tendit les bras et me serra avec effusion sur son cœur. Une foule d’autres personnes au visage souriant l’accompagnaient, tous m’accueillaient avec bonté et bienveillance. Il me semblait reconnaitre quelques visages, j’étais heureux et tous ensemble nous échangions des paroles d’amitié. Eh ! bien ce que je croyais être un rêve était la réalité. Je ne devais plus me réveiller sur terre, je m’étais réveillé dans le monde des Esprits.

– S’il te plait, peux-tu me raconter un bout de la suite.
— Nous nous sommes arrêtés dans un petit village, Tante Marie était là avec une tarte aux pommes, (André était raide dingue des tartes aux pommes)
Germaine ma grand-mère avait retrouvé une somptueuse chevelure blonde, elle me présenta un jeune homme que j’étais sensé connaitre : il était mon fils que j’avais perdu lorsqu’il avait 2 ans.

Puis d’un air grave il me dit :
— Pourquoi ne nous apprend -on pas cela sur terre ?
— Pourquoi on ne nous dit pas : Tous les moments douloureux sont notre chemin pour vivre au-delà, la vie ne s’arrête pas avec la mort, cela vaut la peine »

Je te remercie mon cher et tendre ami, me voila rassuré.
Avec l’aimable autorisation de Christelle gavet épouse d’André Gavet.

Marylka Nicolas Valentin